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Novembre 2008


Jusqu’ici, Samizdat, le bulletin mensuel d’information édité par la librairie Impressions à Enghien, publiait surtout des notules pour mettre en valeur quelques parutions récentes. Désormais, Gilles Ratier n’hésite plus à y ajouter de véritables articles très axés sur le contexte éditorial. Dans le n°347 de septembre 2008 (présentant les parutions de juillet et août), le journaliste fait notamment un point sur les nouvelles éditions par Delcourt de livres du grand Will Eisner, rappelle l’origine de l’excellente série de SF Les Naufragés du temps scénarisée à ses débuts par Forest pour Gillon, et dresse la longue carrière de Spaghetti, un personnage créé par Dino Attanasio.

Comme tout fan, Gilles Ratier peut donner l’impression de se complaire dans un flot de détails inutiles. Mais il a au moins le mérite de poser quelques repères historiques (en livrant des informations toujours fiables et parfois peu connues) qui manquent cruellement à la plupart de ses confrères. On n’imagine pas un critique de cinéma ou un critique littéraire qui ne connaîtrait de la production antérieure aux années 1980 que les seuls auteurs réédités en livre de poche. Pour la bande dessinée, la méconnaissance du passé ne semble déranger personne d’autant que la surproduction concentre l’intérêt de beaucoup de professionnels et de lecteurs sur les seules nouveautés.


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Sans entrer dans des considérations personnelles inappropriées, il se trouve que Gilles Ratier vient d’avoir  50 ans cette année et qu’il fait partie de la dernière génération à se préoccuper du passé. Je suis assez d’accord avec Dominique Petitfaux qui, dans l’ultime numéro du Collectionneur de Bandes Dessinées, évoque « le déclin de la recherche en bande dessinée » en émettant l’hypothèse qu’il est « peut-être lié à l’absence de relève générationnelle ». Diagnostic général mais qui explique pour l’essentiel la cessation de parution d’une revue dont l’âge des  animateurs oscille entre 60 et 80 ans.


Après avoir été à l’origine, en 1977, un simple bulletin de liaison entre collectionneurs, le CBD est devenu l’une des très rares revues à se pencher sur l’histoire de la bande dessinée. Hormis une petite partie consacrée à l’actualité, redondante avec le contenu de d’autres publications (encore que les chroniques de Dominique Petitfaux centrées sur les revues et livres d’études et le patrimoine aient été fort appréciables), l’essentiel des numéros se consacrait à faire connaître un passé très mal connu.


Le bilan des trois décennies passées à remonter le temps est d’une incroyable richesse… et mériterait d’être étudié de près. L’un des grands points forts du périodique fut l’étude descriptive des journaux couvrant tout le XXe siècle et même un peu au-delà : on y trouve non seulement les grands noms (de Vaillant, L’Epatant et Tarzan à Charlie et Métal Hurlant) mais également les titres de la presse destinée aux jeunes filles, les « récits complets » des années 1940 et 1950, les « petits formats », etc. On y a beaucoup recensé les BD publicitaires et celles liées au jazz ; de passionnants articles se sont attardés sur les années 1940 ; on y a traité de la BD chrétienne, de l’underground américain, de la censure, de l’histoire du comic book et des journaux francophones d’Afrique du Nord. A l’occasion, la revue a publié des entretiens avec de grands auteurs (Swarte, Chaland, Crumb, Hogarth, Carl Barks, Breccia), avec des seconds couteaux jamais interviewés jusque là, et avec des historiens, des critiques et des éditeurs (de Maurice Horn et Pierre Couperie à Thierry Groensteen et Jean-Christophe Menu).


 Au sommaire du n° 113/114 paru en octobre : plusieurs articles sur les Pieds Nickelés dont c’est le centième anniversaire, étude d’un comic book de propagande anticommuniste de 1947, étude sur la collaboration de l’humoriste Cami au journal L’Illustration, et quatre présentations de journaux : Zorro (1946 – 1955), La Joie des Enfants né en 1904, Le Soir Jeunesse (1ère série débutant en 1940) et la quatrième partie d’une étude sur L’Epatant traitant des années 1937 à 1939.


Ce numéro est vendu 10 euros mais les précédents encore disponibles peuvent encore être commandés au prix de 9 euros au 36 rue de Picpus, 75012 PARIS.


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Reste le trimestriel HOP ! pour continuer ce travail de défrichage avec toutefois des centres d’intérêts beaucoup plus restreints. La production française des années 1940 à 1970 y est nettement privilégiée (ce qui n’empêche pas pour autant de traiter de dessinateurs étrangers ou plus contemporains), de même qu’une forme de bande dessinée très traditionnelle peu sensible aux sirènes (et beautés) de la modernité. Autre différence importante avec le CBD : HOP ! publie un nombre (trop ?) considérable de précieuses bibliographies et, un numéro sur deux, des rééditions qui permettent de mieux évaluer les œuvres du passé.
La revue qui paraît avec une régularité exceptionnelle quatre fois par an a « maintenant vécu l’essentiel de son existence » (Dominique Petitfaux). En effet, elle repose sur les épaules d’un seul homme, Louis Cance, toujours dynamique mais qui fêtera ses 70 ans en 2009. Il faut donc non seulement saluer ce travail herculéen (Louis Cance s’occupe en outre d’une partie de la fabrication et de la totalité de l’administration !) mais le soutenir sans tarder et concrètement, par exemple en s’abonnant au prix de 24 euros pour la France (30 euros pour les autres pays) au 56 boulevard Lintilhac, 15000 Aurillac, France (chèque à l’ordre de AEMEGBD).


Au sommaire du n°119, paru fin octobre 2008, arborant un dessin de couverture absolument splendide : entretien et bibliographie de Pierre Le Guen suivi d’un court récit complet de Nasdine Hodja paru dans Vaillant en 1956 ; première partie d’un dossier Gaston Niezab (1886 – 1955) avec texte de présentation, 1ère partie de la bibliographie portant sur la production d’après-guerre et réédition d’un récit de pirates à suivre ; bibliographie du Fantôme du Bengale dessiné par Sy Barry (1961 – 1994) ; rétrospective Claude Henri (1915 – 1990) avec indications bibliographiques et nombreuses illustrations ; rétrospective Marijac (9e partie), consacrée aux bandes dessinées étrangères publiées dans Coq Hardi.
Rappel du sommaire du n°118 : entretien et bibliographie d’Antonio Parras (Ian McDonald, Les Inoxydables, Le Lièvre de Mars, etc.) ; suite du dossier Marcello ; étude sur l’hebdomadaire Petits Moineaux.


Chaque numéro coûte 9,25 euros avec le port.


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Dans un registre très différent, après les périodiques « archivistes » liés ou non à l’actualité, voici Comix Club, « revue critique de bandes dessinées ». Au sommaire du numéro 9, trois morceaux de choix : un entretien avec Gabrielle Bell (Quand je serai vieille et autres histoires, éditions de l’An 2) un dossier sur Olivier Josso (Douce confusion, ego comme x) et un article sur la nouvelle critique qui revient sur trois livres importants ayant déjà fait l’objet de critiques sur ce site ou dans les numéros 1 et 2 de la revue Bananas : Un objet culturel non identifié, Principes des littératures dessinées et Plates-bandes.


Olivier Josso qui participa à Lapin, ego comme x et Jade développe une longue et profonde réflexion sur ses travaux notamment autobiographiques, insistant longuement sur son rapport au temps. « On se désancre du temps, on flotte en essayant d’attraper des bouts de vie, de les réordonner et d’en faire une matière neuve qui soit fidèle à soi et don intéressante pour d’autres. Car le but n’est pas tant d’évoquer son propre vécu que d’y faire résonner la part universelle de l’expérience humaine. » L’entretien est illustré d’extraits inédits de divers projets du dessinateur et suivi de planches inédites de Jean-Christophe Menu, Mattt Konture et Big Ben.


11 euros.


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L’Association annonce pour février 2009 le retour de la revue Lapin dans une formule proche de la première série et toujours largement ouverte aux jeunes auteurs (144 pages, 12 euros). 

 


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Anciennes niouses ici


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